Le credo du mécréant

Notre père qui êtes aux cieux, restez-y ! (J. Prévert)

Je ne crois pas en Dieu, le père tout puissant,
Le grand barbu sur son nuage.
J’ai passé l’âge.
Je ne crois pas au Diable,
Au méchant loup, au Père Noël, au prince charmant.
Je ne crois pas aux balivernes,
Fini le temps des cavernes.

Je ne suis pas incroyant, mais incrédule,
Pratiquant non croyant.
Si je récapitule :
Croire ou penser, il faut choisir :
Je pense donc je ne crois pas.
Je ne crois pas au paradis.
Ou alors ici et maintenant.
Je m’en occupe comme je peux.
Je crois en toi, je crois en moi, je crois en nous.
Je ne crois pas au Saint Esprit
Qui aurait engrossé une pauvre fille sans la moindre caresse,
Je ne crois pas à cette histoire de Sainte Vierge devenue Bonne Mère.
Et je crois qu’il n’y a pas de mal à se faire du bien.
Je crois qu’on disparaîtra un jour ou l’autre alors qu’il reste tant à faire,
Et je crois que quand on meurt c’est pour de bon,
En temps de paix, en temps de guerre.
Je ne crois pas à la résurrection des morts,
Je crois à l’éternel retour du printemps.

Je crois que Dieu rend fou
Et que les fous de Dieu hantent l’histoire des hommes
Ici ou là-bas, hier ou demain.
Je crois que Dieu qui est partout
Qu’on ne voit pas mais qui voit tout,
N’est qu’une vieille invention bien pratique
Et les croisades rien d’autre que du business cynique.

J’aurais tant aimé croire en Dieu comme on se saoule
Pour oublier le poids de la vraie vie
Mais je n’aime pas la gueule de bois.

Amen !